
Nations Unies · 62e session du Conseil des droits de l'homme · Genève
Trois jours à l'ONU
Palais des Nations, juin 2026 · Un film pour Equipop et l'Alliance Féministe Francophone
Réalisation
Trois jours de tournage au cœur des Nations Unies, à Genève, pendant la 62e session du Conseil des droits de l'homme : l'une des enceintes les plus prestigieuses et les plus sécurisées du monde. Une délégation de huit activistes féministes à suivre, et un film vertical à en tirer pour porter leurs voix. Réalisé pour l'Alliance Féministe Francophone, le collectif international mené par Equipop, la FIDH et la FFMed.
Le 16 juin 2026, un mail arrive. L'Alliance Féministe Francophone sera à Genève la semaine suivante pour la 62e session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, avec une délégation de huit activistes venues du Maghreb, d'Afrique de l'Ouest et d'Europe. Elle cherche un réalisateur pour documenter la semaine, expliquer l'impact de cette présence à l'ONU et donner la parole aux militantes, dans un film court destiné à ses réseaux sociaux.
Six jours plus tard, je récupère mon badge à l'entrée du Palais des Nations. Entre les deux : un devis ajusté à trois journées de présence, une accréditation à obtenir auprès des Nations Unies, une charte graphique reçue et un agenda diplomatique serré à apprivoiser. Une mission de ce type récompense la préparation, et la capacité à se faire oublier une fois sur place.
C'est ma deuxième réalisation liée aux Nations Unies, après le message de S.A.R. la Grande-Duchesse de Luxembourg diffusé sur le site officiel de l'ONU. Ici, il s'agit de suivre une délégation en mouvement, dans une institution qui impose ses règles, et d'en tirer un film court qui donne envie de comprendre ce qui s'y joue.
Le film
Donner la parole, sans jamais la prendre
Une minute trente-six en format vertical, pensée pour Instagram et LinkedIn. Quatre activistes prennent la parole, Marie-Paule Hykpo, Florence Hainaut, Dieynaba Diallo et Pemika Pimpakrareed, sur ce qu'elles sont venues chercher à Genève : une résolution sur les mariages forcés, des rencontres bilatérales avec des diplomates, la place des femmes handicapées dans la décision, la manière dont les organisations onusiennes travaillent l'égalité de genre.
Entre deux prises de parole, les plans d'illustration font respirer le récit : l'allée des drapeaux, les couloirs du Palais, les salles de conférence, la ville. Ce sont elles qui racontent, avec leurs mots.
Le programme
Trois jours au Conseil des droits de l'homme
Le programme de la délégation tenait sur plusieurs pages : réunions bilatérales avec des missions permanentes, dialogues interactifs avec des rapporteurs spéciaux, side events organisés par l'Alliance. Chiara Ciampa, chargée de communication de l'Alliance Féministe Francophone, avait surligné les moments à ne pas manquer. Autour, il fallait prévoir du temps pour les prises de vue complémentaires, les entretiens, les trajets entre les bâtiments et les passages de sécurité, répétés plusieurs fois par jour.
Pour qui découvre le fonctionnement du Conseil des droits de l'homme, deux mots reviennent tout au long de la semaine. Le side event est une rencontre organisée en marge des séances plénières par une ONG ou un État, ouverte aux délégations, pour faire entendre des témoignages sur un sujet précis. L'intervention orale est la prise de parole officielle d'une organisation accréditée pendant un débat en séance, limitée à quelques minutes. L'Alliance avait obtenu les deux, et le film devait rendre compte de cette double présence : dans la salle, et à la tribune.
Lundi 22 juin
Badges, repérages, premières interviews
Remise des badges au Palais des Nations en début d'après-midi, plans d'illustration dans Genève et devant l'allée des drapeaux, premiers entretiens avec les activistes pour poser le cadre et installer la confiance avant les journées les plus denses.
Mardi 23 juin
Side event sur les cyberviolences
L'Alliance organise en Salle IX du Palais des Nations un side event consacré aux violences basées sur le genre facilitées par la technologie. Captation des interventions, puis tournage avec Chiara sur les priorités portées à la tribune.
Mercredi 24 juin
Mariages forcés et interventions orales
Discussion annuelle sur les droits des femmes, où l'Alliance prend la parole en séance, puis side event consacré aux mariages forcés, avec trois activistes de la délégation en panel. Dernières interviews avant le retour.

Filmer à l'ONU, dans une enceinte diplomatique
L'une des enceintes les plus sécurisées du monde, une accréditation nominative des Nations Unies, un sac à dos plutôt qu'un chariot de matériel, et une règle simple : ne jamais gêner une séance en cours.
La méthode
Une caméra qui sait rester discrète
Pour ce tournage, j'ai travaillé seul, avec un équipement qui tient dans un sac à dos : une Sony FX3, un 16-35 mm pour les plans larges et les couloirs, un 70-200 mm pour isoler un visage au milieu d'une salle de conférence, et un système son pour les interviews. Pas de projecteur, pas de trépied lourd : à l'ONU, on entre avec ce que l'on porte, on passe les portiques plusieurs fois par jour et on filme dans la lumière disponible.
Les accès ont été la vraie difficulté du projet. Filmer au Palais des Nations pendant une session du Conseil des droits de l'homme suppose une accréditation nominative, gérée en quelques jours avec l'équipe d'Equipop. Une fois à l'intérieur, chaque bâtiment a ses contrôles et chaque salle ses règles. On filme avec cette conscience-là, et avec la chance de travailler dans un lieu que peu de caméras approchent.
Les interviews ont été tournées entre deux réunions, dans les temps que l'agenda laissait libres, sans studio ni décor construit. Le cadre reste simple : la personne au centre, le lieu lisible derrière elle, la façade du Palais, le parc de l'Ariana ou une salle de conférence avec les drapeaux derrière la vitre. Ce sont des femmes qui portent un combat, le film devait leur ressembler : direct, sobre, sans artifice. Le format vertical, tourné en natif plutôt que recadré au montage, permet de garder cette présence du visage tout en laissant lire le lieu derrière elles.
Le courant est très bien passé avec les activistes, et cela se voit à l'image. Une interview ne se réussit pas avec un objectif, elle se réussit avec la confiance de la personne en face, gagnée en quelques minutes entre deux réunions. Ce qu'elles portent est beau, et c'est d'abord cela que le film devait montrer.
Le respect des personnes
Une activiste ne devait pas être reconnue
Pour des raisons de sécurité, l'une des huit activistes ne pouvait pas apparaître à l'image de façon identifiable.
La question a été posée dès le premier échange, avant même le devis. Elle a orienté tout le tournage : angles choisis pour ne jamais cadrer son visage, plans de dos ou de détail, montage vérifié plan par plan avant chaque livraison. Le film montre une délégation entière sans exposer celle qui ne pouvait pas l'être.
La même attention a guidé la manière de filmer l'inclusion. Une activiste de la délégation, vice-présidente de WiLDAF Sénégal, milite pour les droits des femmes et des filles handicapées, et se trouve elle-même en situation de handicap. Le film le montre sans le souligner : elle apparaît comme les autres, en train de porter son combat, et c'est elle, Dieynaba Diallo, qui rappelle face caméra que l'Alliance s'ouvre aux femmes handicapées « non pas comme bénéficiaires passives, mais comme décideuses, actrices de changement ». C'est ce que l'Alliance a relevé dès la première version.
Un grand merci pour le traitement visuel, le côté inclusif est très bien suggéré, respectueux et parfaitement dosé !
Chiara Ciampa · Chargée de communication, Alliance Féministe Francophone · Equipop
Les voix
Huit activistes, huit combats
La délégation réunissait des profils très différents : la directrice exécutive du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée, une sociologue tunisienne spécialiste des violences de genre, une experte communautaire d'Equipop sur les mutilations génitales féminines et les mariages forcés, la secrétaire générale de Féministes contre le cyberharcèlement, une autrice et réalisatrice belge, la vice-présidente de WiLDAF Sénégal, une chargée de missions de l'Institut du Genre en Géopolitique. Autant de voix, autant de façons de parler face caméra, et un même montage à tenir sous deux minutes.
Le rôle du réalisateur, ici, n'est pas d'écrire un message. Il est de créer les conditions pour que chacune le dise avec ses mots, puis de choisir au montage les phrases qui se répondent. Quatre d'entre elles portent le film.




Mon objectif, ce serait de pouvoir amener les voix des femmes, des filles survivantes de mutilations génitales féminines et de mariages forcés, puisque les deux sont souvent liées.
Marie-Paule Hykpo · Experte communautaire MGF et mariages forcés
On est là pour avoir des contacts bilatéraux, pour discuter avec des diplomates de différents pays qui portent ces résolutions, pour essayer de leur apporter notre point de vue et notre angle d'analyse.
Florence Hainaut · Autrice, réalisatrice, activiste féministe
L'Alliance Féministe Francophone fait aujourd'hui un grand pas. Elle montre qu'il est possible de s'ouvrir de manière intentionnelle aux femmes handicapées, non pas comme bénéficiaires passives, mais comme décideuses, actrices de changement.
Dieynaba Diallo · Vice-présidente de WiLDAF
J'attends aussi de voir comment fonctionnent les organisations onusiennes en termes d'égalité de genre, de droits des femmes, et dans le cadre de l'Alliance Féministe Francophone, voir comment les activistes travaillent entre elles, travaillent en groupe au sein de l'ONU, et de voir comment elles revendiquent leur combat.
Pemika Pimpakrareed · Institut du Genre en Géopolitique
Le format
Pourquoi un film vertical pour une mission à l'ONU ?
Parce que le film n'était pas destiné à une salle de conférence mais aux comptes Instagram et LinkedIn de l'Alliance et de ses trois organisations membres. Sur un téléphone, un format vertical occupe tout l'écran, se lit sans le son grâce aux sous-titres intégrés et retient l'attention plus longtemps qu'un 16:9 réduit à une bande. Le brief fixait trois minutes maximum. Le montage final en fait une minute trente-six : le temps de quatre prises de parole fortes, sans remplissage.
Ce choix se prépare dès le tournage : interviews cadrées à la verticale, plans d'illustration composés pour ce format, synthés et sous-titres placés dans la zone que les interfaces des réseaux ne recouvrent pas. Pour les organisations qui communiquent sur des missions de plaidoyer, c'est aujourd'hui le format le plus efficace pour montrer ce qui se passe réellement derrière les portes d'une institution.
Les sous-titres sont intégrés à l'image, pas déposés dans un fichier à part : sur les réseaux sociaux, le film se lit d'abord sans le son. La version anglaise reprend le même montage avec des sous-titres traduits et un générique adapté, pour que les partenaires internationaux de l'Alliance puissent le partager tel quel.
Post-production
Du tournage à la version validée
Sur un événement, la règle est toujours la même : version finale à J+7, pour que le film sorte pendant que la mission est encore dans l'actualité de l'organisation et de ses partenaires. Les retours de l'Alliance sont précis et utiles : un plan à retirer, un synthé à compléter, les sous-titres à descendre légèrement pour la lisibilité sur mobile, les noms des activistes à remonter, et une version sous-titrée en anglais à décliner. Chaque aller-retour est intégré dans la journée, avec la version anglaise livrée en même temps que la française.
Le générique de fin a demandé une attention particulière : l'Alliance réunit trois organisations, la FIDH, Equipop et la FFMed, et le projet est soutenu par deux institutions, dont l'Agence française de développement. L'ordre des logos et les mentions « soutenu par » et « supported by » ont été ajustés pour que la hiérarchie soit juste dans les deux langues.
Fiche projet
En résumé
Ce que ce projet dit de ma façon de travailler
Une réponse au premier mail dans l'après-midi même, un devis dans la foulée, une accréditation gérée en autonomie et un tournage engagé six jours après la demande. Sur place, un seul interlocuteur qui filme, enregistre le son et s'adapte à un agenda qui bouge d'heure en heure. Après, une version finale à J+7, des retours intégrés dans la journée et deux versions linguistiques prêtes à publier. C'est ce que je propose aux ONG et aux institutions qui ont une mission à documenter, à Genève comme ailleurs.
J'ai collaboré avec Lucas sur un projet vidéo à Genève et ce fut une excellente expérience. Il a fait preuve d'une adaptabilité exemplaire face aux contraintes complexes du projet (notamment la gestion des autorisations avec l'ONU). Toujours positif, souple et impliqué, il a grandement contribué au succès de la vidéo, dont le résultat est top. Un vrai profil de confiance !
Chiara Ciampa · Chargée de communication, Alliance Féministe Francophone · Avis Google, 5 étoiles
Un projet à réaliser ensemble ?
Une mission à documenter, une parole à porter ?
Film institutionnel, série d'interviews ou format vertical pour les réseaux : je me déplace à Genève, à Paris, à Lyon et partout où la mission a lieu.
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