
Campagne photo · Station de ski
Les Saisies
La campagne d'été d'une station des Alpes
Le projet
Les Saisies m'ont confié leur campagne photo d'été. Deux univers à couvrir, une seule journée sur place.
L'hiver, une station n'a pas besoin d'expliquer ce qu'elle vend. L'été, si. Le bike park, les alpages, la luge sur rail, les sentiers de crête, le Mont-Blanc en face : tout est là, mais il faut des images pour le prouver.
Deux commandes distinctes dans la même journée. Les familles d'un côté, le bike park de l'autre. Ça ne se photographie pas pareil et ça ne se vend pas aux mêmes gens.
Première image le matin sur les pistes, dernière le soir sur les alpages. Cent quarante photos livrées.

Les Saisies regardent le Mont-Blanc en face
Reste à trouver l'heure où la brume de chaleur le laisse voir, et à placer le sujet devant sans l'écraser.
Univers 01
Les familles
On ne dirige pas une famille. On choisit le lieu, l'heure et l'activité, et on les laisse faire. Dès qu'on pose les gens, ça se voit, et une image posée ne vend rien.
J'ai suivi le déroulé d'un vrai séjour : le télésiège, le plan qu'on déplie, la crête, la luge sur rail, le hamac au retour. Chaque photo doit pouvoir être légendée par une activité que la station vend vraiment.











Une station d'été se vend sur des visages
La luge sur rail existe dans dix autres stations. Ce qui fait l'image, c'est la seconde où plus personne ne pense à l'appareil.

Univers 02
Le bike park
Le VTT, ça se rate vite. Il faut connaître la trajectoire avant que le rider passe, se placer une fois, et ne pas le faire remonter trois fois pour rattraper un cadre.
J'ai fait les pistes à pied avant de sortir le boîtier : repérer où ça tourne, où la lumière passe entre les arbres. Ensuite on prévient les riders du cadre et ils savent où passer. Vitesse haute pour figer, vitesse lente pour le filé, les deux dans la même descente.






La journée
Dix heures, en suivant le soleil
À 1 650 mètres en plein mois d'août, la lumière tape de onze heures à seize heures et la brume de chaleur mange les sommets en milieu de journée. On ne tourne pas selon le planning, on tourne selon l'heure.
Le bike park à l'ouverture. Lumière encore basse, riders frais, personne sur les pistes.
Vingt-quatre images dans l'heure. C'est le moment où l'on prend les sauts, les virages et les filés, avant que le soleil monte.
Le soleil est au zénith, les visages sont dans l'ombre des casques et la neige de poussière brûle. Rien de bon à sortir.
Reprise avec le deuxième univers. Télésiège, plan du domaine, sentiers. La lumière redescend petit à petit.
Crêtes, hamac, luge sur rail. Lumière chaude et rasante, sommets dégagés : la moitié des images retenues sortent de cette tranche.
Onze kilomètres à pied, six cents mètres de dénivelé, le sac sur le dos toute la journée.
Ce que la station en fait
Une station ne commande pas des photos, elle commande de quoi tenir une saison de communication : affichage, brochure, site, réseaux, dossier de presse. Chaque support a ses contraintes, et elles se décident au moment de la prise de vue, pas au recadrage.
Un plan large a besoin de ciel ou d'alpage propre en haut du cadre pour laisser la place au titre. Une horizontale de bandeau doit garder son sujet quand elle passe en carré. Un fil de réseau social avale les panoramas et retient les gros plans. Et la moitié d'un dossier de presse, ce sont des images que personne n'a pensé à demander : la navette, un poteau directionnel, une remontée vide.
Les cent quarante photos sont livrées triées par univers, en pleine résolution, nommées pour que la station les retrouve toute seule.
Fiche projet
Cette campagne fait partie de mon travail en montagne, avec l'aftermovie de closing de La Folie Douce et les films de marque tournés en altitude. Pour un photographe ou un vidéaste en station, mes pages vidéaste à Val Thorens, vidéaste à Megève et vidéaste à Albertville détaillent la façon dont je travaille dans les Alpes.
Une saison à vendre en images ?

























