Photographe immobilier
C’est ce que dure une photo d’annonce.
Personne ne regarde une photo immobilière : on la balaie, dans une grille de vingt annonces, sur un téléphone, entre deux stations de métro. Elle n’a donc pas à être belle dans l’absolu. Elle doit être lisible en trois secondes et donner une seule information juste : à quoi ressemble vraiment cet endroit.
Ce qui se joue tient à trois décisions, prises avant d’appuyer : la hauteur de l’objectif, l’heure de la prise, et la focale. Le reste (trépied, développement, redressement) n’est que de l’exécution propre. Une pièce photographiée à la bonne heure et à la bonne hauteur pardonne beaucoup ; l’inverse ne se rattrape pas.
La suite de cette page est un reportage complet, montré en entier : le Gîte de l’Ormoy, une location saisonnière en Sologne, photographiée sur une journée. Ensuite seulement, l’hôtellerie, avec le MGallery Nest à Paris La Défense.
À quoi ressemble un reportage immobilier complet ?
À ça. Le Gîte de l’Ormoy, une maison de location saisonnière en Sologne : séjour, cuisine, véranda, chambres, salles d’eau, extérieurs et vue aérienne. Quinze images sur les vingt-quatre livrées, et sous chacune la décision technique qui l’a produite, parce que c’est ça, la différence avec un téléphone.















Reportage réalisé pour le Gîte de l’Ormoy, location saisonnière.
Comment garde-t-on le jardin et l’intérieur sur la même image ?
C’est le problème numéro un dans une véranda, une pièce vitrée ou face à une baie. L’écart de luminosité entre l’intérieur et l’extérieur dépasse largement ce qu’un capteur encaisse en une seule fois : exposée pour la pièce, la verrière devient un rectangle blanc ; exposée pour le jardin, le salon devient noir.
La réponse s’appelle le bracketing. Le boîtier est sur trépied, on déclenche plusieurs fois la même image à des expositions différentes (une pour les hautes lumières, une pour les tons moyens, une pour les ombres) et on les fusionne au développement. À la main, pas en HDR automatique : c’est exactement ce qui sépare une image naturelle du halo gris qu’on reconnaît sur la moitié des annonces.
Le corollaire est pratique : le trépied n’est pas un confort, c’est ce qui rend les images superposables au pixel près. Et le lieu doit rester strictement immobile entre les déclenchements, rideau compris. Une branche qui bouge derrière la vitre, et la fusion laisse un fantôme.
Sur la véranda du Gîte de l’Ormoy, la structure métallique, le ciel et le parquet tiennent dans la même image pour cette seule raison.
À quelle heure faut-il photographier chaque pièce ?
C’est la question qui décide de tout le reste, et c’est celle qu’on saute presque toujours. Une pièce n’a pas une bonne lumière : elle a un créneau, qui dépend de son orientation et qui dure entre une et trois heures. Le repérage sert exactement à établir ce tableau pour le bien concerné.
| Orientation | Le bon créneau | Pourquoi | Ce qu’il faut éviter |
|---|---|---|---|
| Est | 8 h à 11 h | Le soleil entre franchement, la pièce est chaude sans être écrasée | Après 15 h, la pièce est éteinte |
| Sud | 10 h à 12 h, puis 15 h à 17 h | Lumière abondante sur presque toute la journée | 13 h à 14 h : contraste maximal, les fenêtres brûlent |
| Ouest | 16 h à 19 h | Lumière rasante, très flatteuse sur le bois et la pierre | Le matin, la pièce paraît froide et sans relief |
| Nord | Toute la journée | Lumière constante et douce, la plus simple à travailler | Aucun mauvais créneau, mais aucun spectaculaire non plus |
| Extérieurs | 1 h après le lever, 1 h avant le coucher | Ombres longues, volumes lisibles, façade détachée | Plein midi : ombres dures sous les débords de toit |
| Pièces vitrées | Ciel couvert, ou tôt le matin | L’écart intérieur-extérieur se réduit, le bracketing devient simple | Plein soleil de face : la verrière est ingérable |
Un bien de cinq à sept pièces se photographie donc rarement en deux heures : il se photographie sur une journée, dans un ordre dicté par le soleil et non par le plan du logement.
Comment s’organise une journée de prise de vue ?
Voici le déroulé du reportage montré plus haut, heure par heure. Ce n’est pas un modèle théorique : c’est l’ordre dans lequel le Gîte de l’Ormoy a été photographié.
Tour complet avant de sortir le boîtier. On note ce qui doit disparaître du cadre, on ouvre les volets, on uniformise les ampoules.
Les chambres sous combles, pendant que la lumière entre par les velux et avant qu’elle ne devienne dure.
Salles d’eau, couloir, escalier. Seules pièces indifférentes à l’heure : on les fait pendant le mauvais créneau.
Plein sud. On attend que le soleil ait tourné, et c’est là que le bracketing se joue.
Lumière rasante, ombres longues, volumes lisibles. Le drone en dernier, quand le vent tombe.
Vingt-quatre images développées, redressées et recadrées pour chaque usage prévu.
Le point qui surprend le plus les propriétaires : les pièces sans fenêtre se traitent au milieu de la journée, précisément parce que la belle lumière ne leur sert à rien. C’est ce déplacement d’ordre qui permet de tout faire tenir en un jour. Quant au nombre d’images, il suit le nombre de pièces : sept pièces et un parc se racontent en vingt-quatre images, un hôtel en demande le double.
Qu’est-ce qui rate le plus souvent sur une photo de bien ?
Six défauts reviennent dans la quasi-totalité des annonces amateur, et aucun ne demande un matériel coûteux pour être évité. Ils demandent surtout de savoir qu’ils existent.
Les verticales qui fuient
Un appareil incliné vers le haut fait pencher les murs vers l’intérieur. C’est le défaut le plus reconnaissable d’une photo d’annonce, et le seul que tout le monde repère sans savoir le nommer.Le réflexeAppareil de niveau, objectif entre 1,20 m et 1,50 m du sol, correction de perspective au développement.
Le flash sur l’appareil
Il écrase les volumes, projette une ombre dure derrière chaque meuble et donne une couleur grisâtre aux murs blancs. La pièce paraît plus petite qu’elle ne l’est.Le réflexeLumière naturelle en priorité, pose longue sur trépied plutôt que flash direct.
Le HDR automatique
Le halo gris autour des fenêtres et les couleurs saturées trahissent un traitement fait par l’appareil. Celui qui regarde ne saura pas le nommer, mais il verra que c’est faux.Le réflexeBracketing fusionné à la main, ou une seule image bien exposée.
Le mélange d’ampoules
Une pièce éclairée moitié en 2700 K et moitié en 4000 K donne un mur verdâtre d’un côté et orange de l’autre. Aucune balance des blancs ne rattrape deux températures dans le même cadre.Le réflexeUniformiser les ampoules, ou tout éteindre et travailler à la lumière du jour.
Le 14 mm systématique
Le très grand-angle allonge les pièces et déforme tout ce qui approche du bord. Il fait venir des visiteurs qui repartiront déçus, ce qui coûte plus cher qu’une photo honnête.Le réflexe24 mm dans les pièces à vivre, 35 mm dans les petites pièces.
La série incohérente
Quinze photos prises à quinze hauteurs différentes donnent l’impression d’un logement bancal, même quand chaque image prise isolément est correcte.Le réflexeUne hauteur d’objectif, une température de couleur et un traitement pour tout le reportage.
En quoi un hôtel se photographie-t-il autrement ?
Un gîte se photographie pour une annonce ; un hôtel se photographie pour une marque. Le premier doit dire la surface et la propreté, le second doit dire une atmosphère et une adresse. Six images du MGallery Nest, cinq étoiles du groupe Accor à Paris La Défense, où l’essentiel du travail a consisté à trouver le créneau plutôt que l’angle.






Sous quels formats les photos sont-elles livrées ?
Une même image ne se recadre pas de la même manière selon l’endroit où elle sera vue. Les fichiers sont donc préparés par usage, et pas livrés en un seul dossier à charge du client de se débrouiller.
| Usage | Dimensions livrées | Format | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| Portails d’annonces | 1 600 px environ sur le grand côté | JPEG 4:3 | Le recadrage automatique rogne les bords : je laisse de la marge au cadrage |
| Airbnb, Booking, Abritel | 2 048 px, 3:2 | JPEG horizontal | La première image décide du taux de clic ; c’est celle qu’on choisit en dernier, jamais en premier |
| Site et page de marque | 2 400 px | WebP + JPEG | Version compressée fournie en plus, pour ne pas plomber le temps de chargement |
| Réseaux sociaux | 1 080 × 1 350 | JPEG vertical | Recadrages verticaux dédiés, pas des rognages à la volée dans l’horizontal |
| Print, brochure, panneau | Fichier plein format, 300 dpi | TIFF ou JPEG qualité maximale | À demander au devis : le cadrage n’est pas le même qu’à l’écran |
Les fichiers sources restent archivés douze mois : si vous changez de plateforme ou refaites votre site, les recadrages se refont sans nouvelle séance.
Faut-il faire les photos et le film le même jour ?
Souvent oui, et c’est presque toujours le bon calcul : un seul déplacement, une seule préparation du lieu, et une cohérence de couleur entre les images de l’annonce et le film. Le déroulé prévoit alors des créneaux distincts, parce qu’on ne fait pas correctement les deux en même temps : la photo veut un trépied immobile, la vidéo veut du mouvement et de la continuité.
Sur une journée mixte, la règle qui fonctionne est simple : la photo d’abord dans chaque pièce, le film ensuite. Une pièce photographiée est une pièce rangée, et le film hérite du rangement. L’inverse oblige à tout recommencer. Voir la page vidéaste immobilier.
Où puis-je intervenir pour une séance immobilière ?
Depuis Lyon, partout en France et en Suisse. Trois profils reviennent : l’hôtellerie de ville, à Paris et à Lyon ; les villas et locations de la Côte d’Azur et des Alpes ; et les gîtes et maisons d’hôtes de campagne, où se fait l’essentiel du volume.
Plusieurs biens regroupés sur un même déplacement font tomber le coût par adresse : c’est le cas le plus fréquent chez les conciergeries et les agences. Voir aussi mes photographies et mes services de production audiovisuelle.
Ce que disent mes clients
« Plusieurs collaborations très réussies avec Lucas sur des vidéos, notamment institutionnelles : il est efficace, comprend vite nos demandes, et a un excellent relationnel tant avec les équipes qu'avec nos partenaires (y compris élus locaux). Le résultat est de très bonne qualité, je ne peux que le recommander ! »
« Lucas est une très belle découverte professionnelle : très disponible et réactif, il sait s'adapter à tous les types de projet ! Nous faisons si souvent appel à lui depuis quelques années que nous avons presque l'impression d'être collègues ! »
« Nous avons ouvert notre restaurant en septembre 2022, et Lucas s'est occupé de toute la création visuelle pour l'ouverture. Nous collaborons depuis maintenant 2 ans, et nous sommes entièrement satisfaits des visuels, épurés et remplis d'esthétisme. Merci Lucas ! »
Combien coûte un photographe immobilier ?
Comptez à partir de 1 200 € HT pour une journée de photographie, retouche et livraison multi-format comprises. Une demi-journée, suffisante pour un appartement ou une petite maison, se chiffre sur devis. Si vous ajoutez un film sur le même déplacement, comptez à partir de 1 500 € HT pour un film court et 4 000 € HT dès qu'il y a écriture et repérage. Devis précis sous 6 h.
Et si vous ajoutez un film sur le même déplacement :
Ces montants sont des planchers indicatifs : chaque projet est chiffré sur mesure, en fonction du brief. Demander un devis, réponse sous 6 h, gratuit et sans engagement.
Questions fréquentes sur la photographie immobilière
Combien coûte une séance photo immobilière ?
Une journée de photographie démarre à 1 200 € HT, retouche et livraison comprises. Une demi-journée, suffisante pour un appartement ou une maison, est chiffrée sur devis. Si vous ajoutez un film sur le même déplacement, un film de lieu démarre à 1 500 € HT, un film écrit et repéré à partir de 4 000 € HT et un film de marque complet à partir de 7 000 € HT. Devis sur mesure, réponse sous 6 h.
Combien d'images sont livrées ?
Entre vingt et quarante images retouchées pour une journée complète, quinze à vingt-cinq pour une demi-journée. Le nombre suit la taille du bien : le Gîte de l’Ormoy, sept pièces et un parc, a été livré en vingt-quatre images ; un hôtel en demande le double. Le nombre exact figure sur le devis, et vous choisissez vous-même les photos à retoucher dans une galerie en ligne après la séance.
Comment préparer le bien avant la séance ?
Je vous envoie une liste de préparation. L'essentiel : draps tendus, surfaces dégagées, poubelles et produits d'entretien hors champ, ampoules de température identique, vitres propres. Si le bien est vide, prévoyez un minimum de mise en scène, une pièce totalement nue photographie très mal.
Photographiez-vous les hôtels en activité ?
Oui. On travaille dans les chambres libres, entre deux services pour les espaces communs, et personne n'apparaît à l'image sans accord écrit. Au MGallery Nest, toute la séance a suivi le planning de l'hôtel.
Quel matériel utilisez-vous ?
Je filme principalement avec la Sony FX3 et l'A7R5, stabilisateur Ronin RS2 Pro, micros professionnels et éclairages adaptés, pour un rendu cinématographique.
À qui appartiennent les photos ?
Les droits d'usage vous sont cédés selon la durée, les supports et les territoires précisés au devis. Pour un hôtel ou une conciergerie, la cession couvre en général le site, les plateformes de réservation et les réseaux sociaux, sans limite de durée.
Combien de temps avant de recevoir les photos ?
La galerie de sélection arrive sous quarante-huit heures, les fichiers retouchés sous cinq à sept jours ouvrés. Une livraison accélérée est possible quand une mise en ligne l'exige, à convenir au devis.
Sous quel délai obtient-on un devis ?
Réponse sous 6 heures, devis gratuit et sans engagement. Décrivez votre projet via le formulaire de contact ou appelez-moi directement.
Un bien à photographier ?
Vous pouvez me joindre au 06 95 40 40 54. Devis gratuit et sans engagement.
Discutons de votre projet